"C'est pourquoi le théâtre est une éternelle promesse de vie, de cette vie sans compromis dont nous sommes fatalement dépourvus
dans les petits trafics ordinaires de l'existence. C'est pourquoi au théâtre, on est toujours au début. Il faut toujours recommencer de vivre."
Jean- Pierre Siméon
Cette promesse commence et recommence. Elle nous lie et nous initie. Un pas puis un autre, parfois en plein soleil, parfois dans la nuit, parfois on chute, parfois non, parfois à tâtons et les mains en avant, une autre fois on se relève, et on continue. Elle est la joie : sentiment d'une présence plus haute. D'un pas, plus haut, plus léger.
« Tu ne peux pas te relire mais tu peux signer. »
Char
Il nait en juillet dans la maison où Corot mourut le 22 février 1875.
Il eut des parents formidables. Claude lisait Maurras et Brasillach, appréciait le colonel de La Roque. André lisait Vercors, Aragon admirait Moulin.
Il fut élevé par sa grand-mère Maria, par sa grand-tante Marie, par ses chiennes : Princesse et Vanessa, par ses chiens : Quidam et Zap ; surtout par Pompon, son merveilleux chat noir.
Enfant, il souhaitait devenir dompteur de félins ou chauffeur routier car il aimait les tigres et les camions, le cirque et les autoroutes. Selon des voisins, il fut un enfant docile et solitaire, ennuyé et taciturne.
Selon certains, il passait ses vacances dans une maison familiale proche de la place Saint-Pierre et de la Maison de Rhodes et du musée d'art moderne à Troyes ; selon d’autres, dans un charmant village lorrain traversé par la Loutre Noire et la Route nationale 74.
Adolescent romantique et nostalgique, avec sa mère il aimait se promener Au Bon Marché ou avec sa grand-mère goûter chez Angelina, lire Proust dans les squares et photographier des maisons abandonnées.
À Nancy, il boit des cafés place Stanislas et dine à l’Excelsior. Au Havre, il aime le MUMA et rêve au paquebot France. À Sidi Bou Saïd, il boit du thé et joue aux dominos.
Pour certains, il aimerait le malouf tunisien, le terrible univers de Mezzo et Pirus, le style Agnès B., les peintures de Neo Rauch, les textes de Marguerite Duras, New-York tôt le matin, le regard de Delphine Seyrig... pour d’autres, il aimerait France-Culture la nuit, la Gare du Nord, la bougie figuier de Diptyque, les sculptures de Josephsohn, le marché de Pont-Audemer le mardi, la voix de Christian Boltanski, le Red Star le dimanche au Stade Bauer...
Un 13 octobre - il ne se souvient plus de l’année - il lut La Reine morte de Montherlant, Dans la solitude des champs de coton de Koltès et selon certains Le Dialogue des Carmélites de Bernanos alors il décida d'écrire du théâtre et pour le théâtre. Pourquoi ?
Un propos de Koltès le guide : « Faire du théâtre est la chose la plus superficielle, la plus inutile au monde, et, du coup, on a envie de la faire à la perfection. La seule autre chose qui aurait un sens, ce serait d'aller en Afrique soigner des gens, mais il faudrait être un saint ; tout le reste n'ayant aucun sens, prenons la chose la plus futile qui soit, le faux, la fiction, et faisons-la parfaitement. »
Il ne sait toujours pas qui se cache derrière lui mais il le cherche sans se retourner, quoique parfois, cette quête lui semble finalement bien futile voire inutile.
"Attendre et observer ce qui se développe quand on ne viole rien, quand on ne force rien." Claude Régy
Il est difficile de dire son travail sans imposture ni trahison voire ridicule. Je n'ai rien évidemment, rien à dire de particulier ou d'essentiel,
ou de plus ; je répète. Parfois, je tente de parler et souvent c'est inaudible alors je me tais et écris. De ce silence,
apparait parfois de la parole, et donc une chance de partage, la possibilité de dialogues.
Mes pièces ne disent
rien ou presque, elles cherchent à parler, elles attendent, elles espèrent un espace et un temps, un lieu.
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Je vous répondrai...